David Linx

                                                                                                « Real Men Cry » sorti le 7 Mars 2025. 

Les vrais hommes pleurent. Au moment où il va fêter ses 60 printemps, David Linx choisit d’affirmer que la sensibilité est une force, 30 ans après
« Up Close », ce piano-voix prophétique qui s’ouvrait sur I Tell My Heart. Une belle constance chez celui dont il faut bien réaliser qu’il est un pionnier sur
le continent européen. Si les chanteurs de jazz y abondent aujourd’hui, il n’en était rien en 1988, quand David Linx, qui chante depuis ses 10 ans,
délaissait la batterie pour le chant.

Sous la double influence, dès ses débuts, de Betty Carter, championne toutes catégories des castings de pianistes et de Mark Murphy – dont il fut parfois
le batteur en Europe – qui concilia bop et poésie, dans « Real Men Cry », David poursuit ses échanges avec le trio de funambules composé de Grégory
Privat, Chris Jennings et Arnaud Dolmen. En prime, il y excelle en songwriter accompli.

La grande nouveauté ici est la présence, d’un bout à l’autre, comme une seconde voix, du trompettiste Hermon Mehari. Tout sauf une surprise pourtant du côté de David Linx. « J’ai souvent travaillé avec Paolo Fresu, confie-t-il. À mes débuts, quand j’étais encore batteur, j’accompagnais Harry Sweets Edison. Puis, en tant que chanteur, il y a eu Clark Terry, Benny Bailey, Joe Newman Erik Truffaz, Kenny Wheeler…» Et rappelons-nous que l’association trompette-voix, finalement assez rare, a donné lieu à quelques sommets entrés dans l’histoire, il suffit de penser à Sarah Vaughan ou Helen Merrill en compagnie de Clifford Brown, ou plus près de nous, à Norma Winstone avec Kenny Wheeler. Sans compter Chet Baker face à lui-même.

Le choix d’Hermon Mehari pour la trompette ressort de l’évidence pour David : « Écoutez comment il phrase sur The Growing Stone. Sa mise en place est splendide de naturel. J’adore comme il transcende la tradition, sans la nier, mais en se projetant dans l’inconnu. » D’autant plus appréciable que l’assise du groupe est on ne peut plus solide : cela fait sept ans que David voyage sur le tapis volant que lui tissent Grégory Privat, Chris Jennings et Arnaud Dolmen. Une présence rythmique imparable que David a admiré chez Shirley Horn « où tout est parfaitement « placé ». Comme chez Michael Brecker, la moindre note y est audible. »

C’est dans un registre de poésie pure que se situe « Real Men Cry ». L’album a été écrit et composé sur mesure pour ce quartet-là, et à ce moment-là de la trajectoire de David Linx. Il s’agit pour lui « de ne pas « jouer » au chanteur de jazz, mais plutôt d’évoquer des émotions. D’ici et maintenant. La nostalgie est le plus grand ennemi des artistes. » Un nouveau répertoire qui s’avère une plongée dans la fraicheur. Y compris pour les quatre compositions empruntées (à Youcef Boukella, Diederik Wissels, Mario Laginha et Grégory Privat), tous les textes sont de la plume de David Linx.
Avec sur le fond une balance très personnelle entre images philosophiques (la maturité assumée) et poésie un brin surréaliste (sa signature depuis toujours). Sur la forme, une conviction : « La syllabe doit accueillir les idées. Exactement comme pour l’improvisation vocale, avec une parfaite exactitude
rythmique. » Et aussi une rare justesse des mots pour des images qui incitent à rêver.

Line-Up :
David Linx – Chant
Grégory Privat – Piano
Chris Jennings – Contrebasse
Arnaud Dolmen – Batterie
Hermon Mehari – Trompette

Contact

POUR NOUS ECRIRE

Cashmere Prod

13 rue duvivier, 75007 PARIS